J’ai été très touchée par l’article de mirabou33, le mur d’incompréhension auquel elle s’est heurtée, dans la douleur de la perte d’une maman…
Et ça, je le vois tous les jours en ce moment…
Bon sang, médecin, aide soignant, infirmier, kinés, soignants, vous n’avez pas fait votre métier pour aider les gens à la base ? Il faudrait peut-être vous en souvenir !
Je sais que le corps humain est une machine que l’on s’affaire tous à réparer, mais il ne faudrait pas oublier qu’il y a quelqu’un dedans, avec des sentiments, des émotions ! Et des gens autour, qui les aiment ces corps cassés, de tout leur cœur !
Ce docteur froid et brutal que nous décrit Mirabou, qui n’a pas pris la peine d’attendre que les proches soient prêts, que les conditions soient réunies, que ce soit fait autrement. Non, il a résolu « le problème », brutalement…
Mais, tous les jours….
Cette sage femme qui m’a reçue sur la fin de ma grossesse, alors que je paniquais complètement, et qui, au lieu de me rassurer, m’a fait me sentir honteuse d’avoir eu si peur « pour rien »…Honteuse parce que je suis dans la santé, et que normalement je ne suis pas sensée paniquer « pour rien »… Mais avant tout, j’étais une future maman, sur le point d’accoucher de son premier bout de chou, complètement néophyte en la matière, et non, je ne savais pas que c’était « rien »… Excuse moi de t’avoir dérangée, un jour férié… Mais figure toi que je suis bien contente que j’aie pu rentrer sans problème, jamais au grand jamais je n’aurai voulu que ce soit toi qui m’accompagne dans cette expérience !
Cette équipe qui a accueilli ce patient, penaud de s’être cassé la main bêtement, avec toute l’inhumanité du monde, comme si c’était un fou-furieux, le faisant culpabiliser à chacune de ses paroles. Et là, on a eu droit à l’infirmier blasé, l’interne péteux, le radiologue énervé… Et au milieu de tout ça, un chirurgien sympathique, souriant, rassurant. Ce jour là, il brillait vraiment au milieu ! Comme quoi, c’est pas son statut qui a fait ça, juste son sourire…
Cette aide soignante qui ne prend pas la peine de lever cette personne âgée grabataire pour lui faire sa toilette, qui lui met la tête dans le vide, en la tournant en travers du lit, pour lui laver les cheveux… Remarque, avec l’arthrose, ça tient plutôt pas mal dans cette position… Mais la dame ne dit rien, elle n’est pas habituée à se plaindre. Et puis, elle sait que demain, peut-être, elle aura la gentille, celle qui prend le temps de l’emmener dans la salle de bain, de lui donner une douche vivifiante et relaxante, cette douche qui calme ses douleurs d’arthrose, qui la fait sortir de ce lit devenu une prison… C’est sur, après cela, demain, elle sera en retard, mais les yeux plein de reconnaissance et le sourire de la dame effacera les remontrances du chef pour avoir passé autant de temps… Et alors qu’elle ne parle plus parce que cela lui demande trop d’efforts, cette aide soignante, juste elle, aura eu droit à un merci, faible, mais bien là…
Cette infirmière qui est si brutale que les gens en ont peur, murmurant « oh non, pas elle »… Bizarrement, leur tension monte pour atteindre des records non égalés à ce jour… Brutale dans ses gestes un peu, mais dans ses paroles beaucoup… Je suis habituée à « secouer » les personnes âgées, pour les faire avancer, ne pas les laisser sombrer dans cette torpeur, mais il y a des façons de faire !! Mais bien sûr, cela demande de l’énergie, de l’énergie positive, à tel point que certains soirs je rentre complètement vidée…
Cette jeune femme, entrée pour des maux de tête à l’hôpital, qui ferme les yeux pour soulager un peu sa douleur et surprend la conversation toute proche de deux internes « Alors, une SEP (Sclérose en plaque) ou un AVC (accident vasculaire cérébral) ? « Elle connait les termes et surtout l’évolution des maladies… Et la douleur là vient d’atteindre des sommets…
Je pourrais taper des pages et des pages d’anecdotes, de fois où j’ai vu cette inhumanité, ce manque de tact, chez les soignants. Je ne sais pas ce qui vous blase à ce point, peut être certains râleurs, ou d’autres, geignant en permanence pour rien, mais si vous commencez à vous comporter avec tout le monde de cette façon, il est temps de vous reconvertir, ou de vous remettre en question ! Tout ce que je vous souhaite, c’est de ne jamais tomber sur quelqu’un comme vous lorsque vous serez malade, accidenté, ou juste âgé… Que vous aurez pris conscience avant que votre attitude n’est pas adaptée, et que vous ne voudriez pour rien au monde que l’on vous soigne comme ça, vous…
Et là, on pourra faire en sorte que ces moments difficiles deviennent un peu plus supportables pour les patients, et pour leurs proches.
Je garde en permanence à l’esprit cette échelle de la douleur qu’on nous apprend à utiliser à l’école, parce qu’on n’a pas tous la même échelle intégrée, parce que la douleur, c’est dans la tête, et que rassurer le patient, ça calme déjà un peu les douleurs. Et que si cette personne qui vient de se faire une entorse vous dit qu’elle souffre le martyr, c’est que sur son échelle à elle, c’est le martyr, et pas que c’est « une chochotte »…
Descendez de vos grands chevaux, rapprochez vous des gens que vous soignez, et ça sera tellement mieux pour tout le monde…
Quand à moi, je ne suis pas parfaite, loin de là, mais j’essaie juste d’être humaine…
EDIT : j’édite ce billet parce qu’apparemment quelque chose n’est pas clair dans mon propos. Je n’ai jamais même sous entendu que tous les soignants étaient comme ça, loin de là, ils sont nombreux à faire leur travail avec leurs tripes, dans des conditions de travail difficiles… et de pire en pire…
Simplement je ne voudrais pas voir cette attitude froide se généraliser, pour toujours garder le patient au centre de nos préoccupations.
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Ce genre d’article est très facile à écrire. Je comprends même chacune des situations. Mais la faute n’en revient pas qu’aux soignants.
Dans notre société si malade, l’hopital et son personnel sont malheureusement bien seuls devant la souffrance.
J’ai choisi de soigner, mais pas à n’importe quel prix !
Ah mais sans doute n'ai-je pas précisé que j'en fait moi même partie du corps soignant ?
Je n'ai pas mis tout le monde dans le même panier, j'en ai juste marre de certaines personnes qui ont sans doute oublié que le soignant est là pour soigner…
Je ne veux pas m'engager dans une polémique sur la façon dont est gérée la santé en France, je serai encore la demain a prêcher et rouspéter.
Mais dans tous les cas, ça n'autorise personne a oublier sa part d'humanité…
Merci pour ce billet qui résume parfaitement l'impuissance devant laquelle on se retrouve quand on est malade ou que l'on accompagne un malade. Je conteste énergiquement ce qu'a dit David plus haut, si les soignants sont des humains qui peuvent avoir des faiblesses, des moments d'agacements ou d'énervements, ça ne peut être qu'occasionnel!!! par définition ces métiers sont basés sur la qualité de la relation humaine tout autant que la compétence ! ! !cela doit être une règle pour chacun, ou alors exercer un autre métier purement technique!!
Merci encore Drine, de ton témoignage de soignant et de ton soutien !
Je t'approuve à 200% mirabou !
On a le droit d'être malade, fatigué, agacé, mais le patient n'a pas à être lésé !
Et en fait, après avoir dormi sur le commentaire de David, je pense que ce qui est facile c'est de se cacher derrière des dysfonctionnements pour justifier d'une attitude…
Non, écouter, apaiser ne prend ni du temps, ni de l'argent, juste donner de soi…
Je vous rejoins tout à fait en qualité de maman d’un enfant Infirme Moteur Cérébral, et donc handicapé moteur, qui fréquente depuis presque 10 ans les cabinets de kiné, les ergothérapeutes, les orthoptistes et les médecins rééducateurs fonctionnels… et je peux vous dire que s’il y a une chose avec laquelle je n’arrive toujours pas à composer, c’est l’arrogance du thérapeute qui peut avoir des heures de retard et ne s’excusera jamais, mais qui ne tolère pas votre retard à vous… qui sait mieux que vous quel est le quotidien de nos enfants, alors que non, désolé, leur discours me prouve souvent que non…
Et pour avoir perdu mon père récemment d’un cancer, oui, je peux le dire, il y a un manque d’humanité flagrant dans le monde médical, peut-être une façon de se blinder, peut-être pas… j’en sais rien. Il y a sûrement aussi un manque de moyen quoi qu’on dise, mais bon, ça n’excuse pas tout !
oui, IMC, pathologie difficile… la kiné, c'est pour longtemps encore, alors j'espère que ça se passe bien avec le thérapeute… Ceux que j'ai soigné sont des enfants (et des adultes) hyper intéressants parce qu'ils compensent leur handicap moteur par une activité cérébrale intense, et autant dire que je me fais plaisir dans les discussions !
Pour le retard, je suis du genre à m'excuser au delà de 5minutes, mes collègues m'ont déjà reprise pour ça, en me disant de pas le faire remarquer… moi je suis désolée, les patients le voient bien… Mais c'est vrai que souvent, c'est un retard d'un patient qui nous a mis dedans, et retarde tout le monde après lui… J'ai tendance à renvoyer les gens facilement maintenant, ça dépend en fait du motif et de la fréquence des retards…. pas forcément à mon honneur, mais mettre 10 personnes en retard parce qu'un seul considère que partir à 10h05 de chez lui est suffisant pour un RV à 10h… c'est du manque de respect de sa part… et la fois d'après, il est à l'heure…
Enfin, il y a des retards excusables, non voulus, et surtout exceptionnels, ceux là, je me débrouille pour faire la séance quand même ^^
Quand au blindage, oui, peut-être, moi, je pleure encore mes patients au jour d'aujourd'hui, un jour peut-être je ne pleurerai plus, mais si ce jour là j'ai enfermé mes larmes avec mon humanité, j'espère bien que quelqu'un me le fera remarquer…
Bonjour Drine,
Et bien, ça ne t’étonnera pas, sans doute, mais je suis d’accord avec toi à 100% (et même plus).
Oui, dans tous les cas, ce n’est pas parce qu’on a sa propre vie, ses problèmes ou ses « petits » soucis personnels, qu’on doit oublier ce pour quoi on s’est engagé en faisant un métier dans la santé. Et ne pas se venger sur les autres, qui n’y sont pour rien.
Et malgré tout ce que certains peuvent dire, il faut absolument être en empathie avec ses « patients ». C’est être humain, tout simplement, avec ses semblables, les autres êtres humains.
Oh, je sais, par facilité, souvent, c’est beaucoup plus simple de traiter les malades comme des numéros, pour ne pas dire des chiens. Et puis souvent, j’ai entendu dire qu’il fallait se protéger quand on fait ce métier, se blinder, pour ne pas souffrir soi-même. Mais bien sûr !! Je n’accepte pas cette excuse, désolé.
Je me souviens de l’interview de ce grand professeur, qui malgré son métier, (oui, oui) a contracté le cancer. Et il l’a avoué, c’est là qu’il s’est rendu compte, qu’on était tous pareils, quand on est frappé par la maladie ! Et, oui, il a eu le courage de le raconter… Et ça l’a fait réfléchir… Bravo ! Car, ça, on ne le dit pas dans les manuels.
Qui ne s’est jamais posé de questions ? est-ce grave ? vais-je guérir ? vais-je me réveiller après l’anesthésie ? etc, etc… qui n’a jamais eu besoin d’être simplement rassuré ? De façon simple, et sans qu’on soit rouge de honte, pour avoir simplement eu de tels questionnements.
Tiens, tu vois, dans un autre domaine, il y a un truc qui m’exaspère toujours : ces commerçants ou ces guichetiers (quand il en existe encore), et d’une façon générale, tous ces métiers en contact avec la clientèle, qui sont impolis, incorrects, de mauvaise humeur et qui font la tête… Oui, ok, ils ont (aussi) des soucis, comme chacun, parfois. Mais ce n’est pas une raison, ou alors, oui, qu’ils changent vite de métier, et qu’ils restent dans leur caverne ou dans leur île déserte.
Un sourire, simplement, un bonjour, c’est trop demander ?
Ah, comme je te rejoins également, dans ce domaine de la gentillesse… Mais ceci est une autre histoire.
Allez, hop, passe un très bon dimanche.
Bisous, plein.
Merci Den’
moi, j’ai grandit comme tu le sais dans une boulangerie, et c’est là que j’ai appris à afficher ce sourire toutes circonstances. On passe plus de temps avec un patient que la boulangère avec son client, et ils nous ouvrent leur coeur, leur intimité, pour moi c’est encore plus primordial d’être ouvert et accessible…
Comme signe une certaine personne « L’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crane »…
Mon papa était atteint d'un cancer, le dernier jour nous étions tous la pour lui, il avait les bras tout bleus à force de reposer sur les barreaux du lit, quand nous avons demandé quelque chose pour lui protéger les bras on nous à répondu: "De toutes façon il n'en à pas pour longtemps…"
Lorsque plus tard dans la journée mon papa à fermé ses yeux pour la dernière fois,je me suis écroulée dans le couloir de l'hôpital, on ma demandée de faire ça autre part car je gênais l’équipe médical… je me souviens de ce médecin du SAMU qui nous à regardés avec un grand sourire et qui à dit à mon oncle de me porter jusque dehors car les infirmières avez suffisamment de travail pour ne pas en rajouter… Je me souviens de celui qui nous à dit le lendemain, "Bon il faut prendre une décision car il coule de partout!!" …
Alors voilà je veut pas faire une généralité car heureusement chaque personne est différente et nous avons aussi eu à faire à des infirmières à notre écoute, compétentes et avec beaucoup de compassion et de savoir vivre! mais je ne peut pas laisser dire que c'est à cause du système que certains se comportent ainsi en oubliant que le patient et avant tout une personne avec son vécu et ses sentiments… Que la famille du patient n'est pas la pour freiner le travail de l'équipe médical…
Merci Drine pour ton billet qui fait du bien! On se sent souvent bien seuls dans ces moments là…
Merci mamette
et oui, je comprends tellement la difficulté de ces moments là, et le besoin juste de compassion…
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Nous voilà Mardi
J'espère qu'il sera plus beau que lundi
Et moins que mercredi
Car Jeudi
Sera pardi
La veille de vendredi
Où nous partirons loin d'ici
Faire la fête avec les amis!!!
Gros bisous!!!
Domi.
ps : un très bel article Drine, c'est vrai que nous sommes bien peu par rapport à ces gens qui croient avoir la science infuse et qui considère le corps humain comme de la marchandise!!!
Je connais ce milieu pour l'avoir fréquenté pendant 28 ans puisque j'ai mis un enfant spina-bifida au monde et crois moi qu'il avait bien plus de psychologie que ces gens là. Bon il y en a eu quelques bons mais si peu!!!
j'aime à penser que les bons restent quand même les plus nombreux quand même
plein de bisous ma Domi