Billets Taggés ‘nuisibles’

Les « Nuisibles »

25 novembre 2009


Ça fait un moment que j’ai envie de faire ce post parce que j’ai du mal avec cette classification.
Un numéro spécial hors série du magazine numéro un chez les chasseurs m’aura tendu la perche..
Donc ils classent en trois catégories : les nuisibles, les indésirables, et les espèces invasives.

Moi, ce qui ne me plait pas, c’est le statut de nuisible. Surtout qu’il est relativement mal défini, pour preuve la martre qui fait des allers-retours dans cette catégorie, ou le sanglier qui est déclaré nuisible dans le 42, mais pas dans le 63 voisin..

Définition de l’oncfs :

Une espèce nuisible est une espèce susceptible de causer des dommages importants à la faune sauvage protégée ou chassable, aux récoltes agricoles ou aux espèces domestiques, elle peut porter atteinte à la santé ou la sécurité publique. C’est le ministre chargé de la chasse qui a fixé, pour le territoire national, la liste des espèces pouvant être classées nuisibles par le préfet, dans tout ou partie de son département.

En scientifique, je pense sincèrement qu’aucune espèce n’est nuisible, toutes ont un rôle à jouer dans la nature.
Mais il y a des déséquilibres dans les écosystèmes… et la faute à qui ?

Alors du coup sont classées nuisibles :

  • la belette : mange essentiellement des petits rongeurs (espèce gravement en voie de disparition :s ) de temps à autre des oiseaux et leur nichée…
  • la fouine : mange…. des petits rongeurs, même remarque… et aussi les poules, qui, c’est bien connu, se baladent gaiement dans la cour des fermes et dorment au dessus des crèches des vaches (comment ça on vit plus en 1980 ? chez ma mamie y’en a encore hein !) mange aussi volontiers des  fruits
  • la martre : on va crescendo parce qu’elle se nourrit essentiellement de …petits mammifères, à 80% des rongeurs… et aussi quelques oisillons, des fruits, des insectes

Bref vous m’avez compris… Cette liste de mustélidés comprends encore l’hermine, le putois…
On passe à la suite, surprenante…

  • le rat musqué : il fait des trous dans les chemins qui longent les berges et dans les digues…. peut-être porteur de la leptospirose (comme tous les rats)
  • le ragondin : comme le rat musqué, il fait des trous… et il est aussi friand des cultures de maïs… peut être porteur de la leptospirose
  • le lapin : hé oui, on protège ses portées en piégeant ses prédateurs, donc il se reproduit, mange, et là, pas content, on le « régule »…

Plus gros…

  • le renard : omnivore, mange plein de choses, depuis les baies jusqu’au chevreuil… C’est ce qu’on lui reproche, ainsi que d’être un canidés éventuellement porteur de maladies graves comme la rage ou l’échinococcose.
  • le raton laveur et le chien viverin : ce sont deux espèces nouvelles dans notre pays, et donc risquent de bouleverser les écosystèmes.
  • le sanglier : le mal-aimé, comme le renard… Il a pris ces dernières années le statut d’animal à abattre pour nos agriculteurs… en fait, il retourne les mottes de terre pour trouver sa nourriture, et une troupe peut ainsi labourer un champ en une nuit… mais aussi votre gazon… il est aussi friand de maïs et « dévaste » les cultures.

Et en oiseaux :

  • le corbeau freux
  • la corneille
  • le geai des chênes
  • la pie

Ils sont accusés de détruire les nichées et de s’en prendre aux cultures…

  • l’étourneau : fait du bruit parce que très sociable
  • le pigeon ramier : se sert dans les cultures

Voilà je passe sur le chapitre des « indésirables dans la nature » qui comprend entre autres les cervidés, les blaireaux, les cormorans…
Enfin voilà..
Je ne sais même pas si après cette longue énumération il est bien nécessaire de commenter bien plus.
Pour moi, le statut de nuisible qui autorise le piégeage (collets, cages) le déterrage (on envoie un petit chien dans un terrier de renard par exemple, et on attend à l’autre bout du trou qu’il sorte. On peut aussi creuser pour aider…) est tout simplement aberrant…
Pour le sanglier, comme je le disais au départ de l’article, on a le droit dans ma commune de faire des « battues administratives » quasiment toute l’année. Pour la commune voisine, dans le 63, il est classé gibier, et donc tirable juste en période de chasse…
Pour beaucoup d’autres, la réglementation devrait évoluer parce que la façon de faire des éleveurs a changé, ils se sont modernisés, je pense particulièrement aux martres…

Enfin, je ne dis pas que la chasse est inutile, on a tellement déséquilibré les écosystèmes qu’il serait utopique de croire qu’ils pourraient se rééquilibrer, en France je parle, avec l’urbanisation, et l’absence des grands prédateurs, mais franchement, ce statut de nuisible est, pour moi, vraiment ridicule et juste bon à satisfaire certains piégeurs…

Pourquoi sauver la biodiversité ?

25 mars 2009

Pourquoi sauver la biodiversité ?

Encore une fois, on vient de me dire : « un loup ça sert à rien« …. oui, oui, un lynx non plus, un renard non plus, un ours non plus, les guêpes non plus, les belettes non plus, les écureuils, les blaireaux,….. etc… Elle est longue la liste de ce qui ne « sert à rien »….

Et pourtant, certains s’acharnent à essayer de préserver la « Biodiversité« , c’est quoi ça, à quoi ça sert ?

Simple, définition wikipédia : La biodiversité désigne la diversité du monde vivant.

Je tombe dans mes recherches sur cette déclaration d’Hubert Reeves qui date déjà de 2002…
« On fait souvent état, sur le plan des recherches en sciences agricoles, en pharmacopée, et d’une façon générale en plusieurs domaines de l’industrie, des pertes qui pourraient résulter de la disparition de certaines espèces végétales et animales.
Pour aborder cette question dans toute sa dimension, il me paraît essentiel de nous extraire au départ de notre vision anthropocentrique de la nature. Les vivants existent de leurs pleins droits et n’ont pas à se justifier d’exister.

Les mots « espèces nuisibles » et « mauvaises herbes » ne sont que le reflet de notre préjugé séculairement ancré (jusque dans la Genèse…) que les plantes et les animaux sont là pour nous servir ou nous réjouir et que nous avons sur eux un droit discrétionnaire. En réalité, nous sommes une espèce parmi tant d’autres et, de surcroît, face à l’appauvrissement de la biodiversité dont nous sommes responsables, nous mériterions plus que tout autre le nom d’espèce nuisible. Chaque extinction est une perte irréparable, un désastre navrant. Il faut rappeler que chaque espèce connue ou encore inconnue de nous est un prodige de la nature, le résultat et l’aboutissement d’une évolution biologique qui s’étend sur des millions et des milliards d’années.

C’est là la première et la plus importante justification de la préservation de la diversité. Toutes les créatures ont le droit d’exister et les êtres humains ont le devoir de les protéger et surtout de ne pas provoquer leur extermination.

La seconde raison de préserver la biodiversité de la vie, c’est la prodigieuse palette des formes et des couleurs, c’est la multitude des comportements adaptatifs: cette richesse est essentielle à l’évolution qui y puise les ressources nécessaires à son maintien et à sa poursuite. Il ne faut rien en supprimer, et la garder intacte comme le garant d’un futur à ne pas compromettre

Chaque espèce est une merveille : une manifestation de la prodigieuse inventivité et créativité de la vie qui s’est développée pendant des centaines de millions d’années et dont nous sommes issus. Les spectacles de l’épanouissement de la végétation au printemps, le retour des oiseaux migrateurs, sont des éléments qui manquent de plus en plus cruellement à l’humanité contemporaine largement confinée dans le béton urbain. Pouvoir jouir de la beauté de la nature est essentiel à notre équilibre psychique.

Et je placerai en troisième place le potentiel économique et médical perdu par l’appauvrissement de la biodiversité. La pharmacopée a largement profité des connaissances médicinales traditionnelles des différentes ethnies. Dans le vaste ensemble des plantes non-encore inventoriées ou mal connues, il y a sans doute d’importantes moissons de nouveaux remèdes qui ne guériront personne si on les élimine. »

Hubert Reeves, en avril 2002 (campagne écocitoyenne de FNE )

image de renardeau de Mickael Brangeon, lors de sa première expédition, les autres sont de moi.
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