bonjour à tous,
Voilà, un billet pour vous parler du réseau loup. En fait c’est un réseau de correspondants dans les zones à loups, des gens qui recueillent sur le terrain des indices de présence du loup.

Alors voilà, une cellule de veille a été mise en place dans le département de la Loire (où j’habite en bordure) l’été dernier, et une formation va avoir lieu. C’est très bien vu que le loup n’est pas encore installé par chez nous, bonne anticipation !
Le communiqué de presse :

Installation le 7 juillet en préfecture de la Loire de la cellule de veille du Plan Loup


Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un « plan d’action national sur le loup 2008- 2012 dans le contexte français d’une activité importante et traditionnel d’élevage » dont le but est de concilier le maintien des activités d’élevage en France avec la présence pérenne de cette espèce protégée.

Un engagement international de concilier vie pastorale, agriculture et préservation d’une espèce protégée

Ce plan prévoit, entre autres, les moyens de protection des activités pastorales sur des nouveaux territoires d’expansion naturelle du loup : la rive droite du Rhône et le Massif Central sont concernés. Il est coordonné sur le territoire national par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement
Rhône-Alpes (DREAL), conjointement avec la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt Rhône-Alpes (DRAAF) en ce qui concerne les moyens de protection des troupeaux.

L’ONCFS et la DDEA pour observer, protéger et le cas échéant indemniser les dommages causés par le loup

La direction départementale de l’équipement et de l’agriculture de la Loire (DDEA) est chargée d’appliquer le dispositif opérationnel dans le département en collaboration avec l’office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), sous la coordination des services régionaux.

Cette cellule de veille a pour rôle d’anticiper l’arrivée du loup en le détectant le plus tôt possible par le déploiement d’un réseau d’observateurs sur le terrain.

Elle est une instance de concertation informelle et
multipartenariale représentée par les services administratifs, l’ONCFS, les professions et syndicats agricoles, les associations de protection de la nature, les chasseurs, les Lieutenants de Louveterie, les Parcs naturels régionaux.

A ce jour, aucune trace de présence du loup n’a été observée dans la Loire.

En fait, j’ai un indic’ ( :)) )qui travaille à la fédération de chasse et qui est donc bien au courant de cela..
en tant que « à fond d’dans », je voulais faire la formation. Je connais les loups dans les livres et dans les parcs, sur le terrain, beaucoup moins, même si lors de ma dernière balade dans le Vercors, j’ai su repérer une crotte de loup, c’est loin, et c’était qu’une fois…
Donc mon indic’ me donne les coordonnées du gars à joindre à la DDEA…

Je lui envoie un petit mail, style:

« bonjour, pourriez vous m’indiquer les dates de la prochaine formation au réseau loup ?« 

Réponse presque instantanée (très réactif ce monsieur, d’ailleurs)

« pourriez-vous m’indiquer de quel organisme vous faite partie ? « 

Ben euh, sur le coup, j’ai bafouillé une réponse du genre :

« ben aucun, pourquoi, il faut nécessairement faire partie de quelque chose ? »

Réponse :

« Les personnes inscrites sont des acteurs de terrain : chasseurs, agriculteurs, louvetiers, ONF, ONCFS et aussi des représentants d’associations de protection de la nature et des Parcs Naturels
Régionaux. Si vous faites partie d’une association (FRAPNA, LPO ou
autre), vous pourriez assister à la formation avec l’accord du bureau de l’asso. »

Ouah, cette claque… Alors, si j’ai un fusil, je peux, si j’ai un tracteur, je peux, mais pas si je me balade avec mon APN… (eh, chasseurs ou agriculteurs, je caricature volontairement)
Pis, j’ai eu un éclair de génie, bien sur que je fais partie d’une association, elle a pour nom peupleloup !!!
Alors je le remail pour lui dire, et là, il a demandé à son supérieur.
Réponse quelques jours plus tard (moins réactif le supérieur)

« voila la position de la DDEA : la formation concernera les chasseurs, agriculteurs, PNR et FRAPNA/LPO.
Au vu de vos activités associatives et de votre implication, vous êtes en mesure de donner l’alerte auprès de la DDEA ou de l’ONCFS en cas de nécessité. »

Alors j’ai droit de donner l’alerte, mais pas de faire la formation… enfin, il m’avait communiqué les dates, et pour le coup, ça tombait super mal, en période de gros boum au boulot.

Bref, vous avez compris ma déception, même si l’anticipation de la DDEA de la Loire est à saluer…
Ben vous savez quoi, je continue mes balades, je continue à rechercher des traces, des crottes et autres, je prends plein de photos, et après, si j’ai un doute raisonnable, je poste d’abord sur N&B, et pis je les appellerai si ça se confirme… je devrai arriver à faire quelque chose, même sans formation…


Allez, bonne journée à tous, sous la pluie…

14 commentaires sur “Réseau Loup…

  1. Bonjour Drine. Quelque chose d’étonnant, malgré tout, (on en a déjà parlé un peu), dans les département où le loup est présent, le réseaux loup fait appelle à des particulier qui ont été formé. La Loire semble être le seul département qui ne fait appelle qu’à des organisations. Pourquoi ?

  2. Je pense que c’est lié au fait que ce n’est pas encore une zone de présence permanente du loup, mais qu’ils ont seulement une cellule de veille. Si le loup s’installe, je pense qu’il faudra étendre un peu le réseau.
    et oui Glau, j’essaie 🙂

  3. C’est assez normal que cela fonctionne comme ça. Ils sont bien obligé de cadrer les choses. Ils choisissent de dispenser la formation à des pros de l’envirennement, à des personnes qui vont beaucoup sur le terrain et les « gros » acteurs dans le milieux (association les plus importantes). Il faut bien faire des choix. Ils ne peuvent pas répondre positivement à toutes les demandes, ça ferait trop de formations. Ils faut qu’ils essaient de former ceux qui ont la plus grande probabilité de rapporter des infos. Quand une personne est « indépendante », c’est a priori peu « rentable » (et ils ne peuvent pas mener l’enquête pour vérifier si chaque personne qui se présente spontanément va véritablement souvent sur le terrain, etc). À mon avis, ils forment certaines personnes en sachant qu’elles ne sont pas non plus « rentables » pour des questions politiques – faire participer les acteurs locaux importants, c’est une manière de leur faire accepter le loup. Par ailleurs, il ne faut pas non plus croire que la formation est « extraordinaire ». Quand j’étais en stage, j’avais posé la question d’y assister et on m’avait dit que je n’y apprendrai rien que je ne savais déjà. J’avais, par contre récupéré les docs et les diaporamas de l’époque. Ceci dit, ça a sans doute évolué. Bon je ne sais pas si je sui très clair, mais voilà mon point de vue, mais je peux me tromper 🙂

    1. hé ben non, je suis pas d’accord. D’après l’expérience sur le terrain de tous ceux avec qui j’ai discuté, correspondants au réseau loup ou lynx, eh bien, ce sont les particuliers qui ramènent le plus d’infos, et hors association.
      Question bête, la LPO, c’est bien la Ligue de Protection des Oiseaux ? Alors eux qui à priori ne connaissent pas spécialement le loup peuvent tout à fait participer à ces formations, et un membre de l’association peupleloup, œuvrant pour la connaissance du loup, non…
      C’est la seule formation qui n’accueille pas de particuliers. En même temps, c’est la seule formation dans un département ou la présence du loup ou du lynx n’est pas encore avérée.
      enfin, tu peux comprendre que je sois déçue, je dis pas que j’aurais appris des choses extraordinaires, mais j’aurais aimé la faire, pour être sûre quand je croise une trace, une crotte ou autre…
      Moi je dis que si j’avais un fusil au lieu d’un APN, j’aurais pu… Alors les « gens de terrain » qui ne comprennent même pas les naturalistes et les photographes amateurs… Vraiment, les seuls à fréquenter la nature, c’est bien comme m’a dit les chasseurs, les agriculteurs et les chasseurs, certainement pas les zécolos photographes…
      vive les clichés.
      Mais c’est très bien que les porteurs de flingues soient mis au courant de comment savoir si c’est bien un loup…
      non décidément, pas d’accord :/

    2. tiens la réponse de Matthieu Krammer (je pense pas que ce soit confidentiel :)) )

      « Pour avoir travaillé le printemps dernier comme stagiaire avec les responsables du Réseau Loup, je peux te dire qu’il y a bien plus de correspondants « particuliers » que de correspondants « associatifs ». D’ailleurs, il suffit de voir le listing d’indices du Bulletin du Réseau Loup pour se rendre compte qu’il y a bien plus de correspondants qui trouvent des indices classées « Particulier », que des correspondants identifiés « FERUS », « FRAPNA » ou « LPO »…
      Lors de ma formation l’année dernière, on était 2 de FERUS, 2 de la FRAPNA et 4 particuliers qui, pour le coup, n’étaient affiliées à aucune « organisation ». »

  4. Dans mon souvenir, dans les listings, c’était surtout toujours les mêmes mecs de l’ONCFS qui rapportaient des indices. Très peu d’autres personnes, mais bon j’avoue que je n’ai pas vérifié. Oué mais les grosses associations, c’est politique tu ne peux pas les écarter. Les association de chasse, c’est pareil.

  5. Et je ne dis pas que c’est bien ou non. C’est juste que j’y vois une certaine logique. Après que plus ça va et plus les « indépendants » y trouvent une place, je trouve ça plutôt bien, mais c’est compréhensible que ça ne soit pas la priorité, ce qui dépend aussi des personnes responsables dans les différents localités.

  6. Oui, c’est facile à vérifier, mais j’ai la flemme :-)D’ailleurs dans mon souvenir, pour être juste, il y avait aussi des gens des Parcs nationaux. Mais franchement, pour le gros, c’était toujours les mêmes. Cependant ça a du évoluer depuis.Et oué la censure sévit, même ici, je te jure ! ;-p

  7. Alors d’après ce que je vois là (vite fait hein, j’ai pas fait des vraies stats) : http://www.oncfs.gouv.fr/events/point_faune/mammifere/loup/QDN21.pdf
    y’a 90% des gens qui sont ONF/ONCFS/PNR, mais je vois largement autant de « FDC » (fédération de chasse je suppose) que de « particuliers », et beaucoup plus de « particuliers » que de « FERUS » (qui n’est pas dans les assoc acceptées tu remarqueras)
    Et pour finir, 0 LPO ou FRAPNA.
     Après, y’a des hyperactifs, y’a un chasseur qui est cité 50 fois, c’est pas représentatif

    PS : y’en a un qui s’appelle X. Mordefroid… je m’inquiète…

  8. Dons les associations naturalistes  et les chasseurs ne sont pas très « rentables » (sur cet échantillon). Donc, à mon avis si on souhaite qu’ils participent aux formation, c’est que c’est sans doute politique. Et je ne sais pas si c’est un  bon choix, mais ça se tient comme raisonnement. Enfin perso, ça ne me choque pas. Si on écartait systématiquement les gens de la FRAPNA parce qu’ils ne chopent jamais rien et bien on dirait que ce n’est pas normal, l surtout que les chasseurs y participent. Et inversement. Et vu le lie entre l’ONCFS et le monde de la chasse, je ne vois pas bien comment on pourrait écarter les chasseurs et si tu ne veux donc pas te retrouver avec les grosses associations naturalistes sur le dos, ils faut les faire participer actevement aussi.

  9. vais leur mettre une Drine sur le dos, ils vont comprendre 😀
    M’enerve le politico-correct……………………………………..

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